De la Beauté des Athéniennes


Ô la douceur de gâteau au miel
des jeunes filles d'Athènes!
Comme elle sont vives,
comme elles sont gaies
et comme leurs rires fusent
dans nos oreilles
comme les eaux du Pénée
dans la plaine de Thessalie
ou celles d'Axios
dans les vallées de Macédoine!


Comme elles se balancent
au rythme de la saison des amours
ainsi que pour une parade nuptiale
de cygnes féminins!


Comme leurs croupes extraordinaires
laissent une empreinte durable
dans l'âme des hommes étonnés,
fascinés, jamais rassasiés,
jamais repus!


J'imagine l'ivresse de ces derniers
et puis évoquer en maître
leur esprit jamais saturé
de cette pluie bienfaisante
de dons du ciel,
de cette neige de fleurs
des blancs peupliers
s'abattant sur leurs yeux
stupéfaits de la beauté des jeunes femmes
de la splendide cité!


Comme elles sont affriolantes
et quelle excellence
et quel progrès sont les leurs
dans la science de plaire aux garçons
et de gagner ainsi leur coeur!


Comme leurs seins brillent
ainsi que des larmes parfaites
sur leurs poitrines
et comme leurs nombrils,
qu'elles montrent avec fierté,
s'incrustent ainsi que des roses incarnat
dans leurs petits ventres délicats
et délicieux!


Que des poèmes s'envolent
d'entre les mains de leurs auteurs,
ainsi que des suaves colombes d'Aphrodite,
afin que la beauté des Athéniennes
soit connue de l'univers entier
et surtout de cette Europe de l'Ouest,
si étrangement sûre de sa supériorité
dans tous les domaines humains!


J'imagine aussi la rancune
que doit faire naître chez les efféminés
ce règne des jouvencelles,
cette tyrannie si aimable
qu'elle est en fait
la plus molle
et la plus tendre des républiques!


Mais en bon élève d'Aristippe de Cyrène,
je n'ai foi qu'en mes propres affections
et les tiens pour seuls
critères de vérité,
car je sais pertinemment
que ce qui pour un homme
est un objet de beauté suprême,
est une source d'horreur pour un autre!


Luttons donc
pour la suprématie de nos goûts,
car là réside
tout le sens du combat pour notre vie!


PONTS DE LIERRE ET DE VIGNE

RECUEIL INEDIT. MAI 2005