À l’Impératrice Irène Doukas


Ô femme digne des autocrators,
des sébastocrators, des césars
et des grands-ducs de Byzance
et dont l’éclat céleste
voisine avec l’inaccessible splendeur,
écoute ce chant
qui, jaillissant
du fond de mes entrailles,
menace de conquérir
le faîte du monde
et de s’épanouir dans notre Voie lactée
et jusqu’aux galaxies
qui sont au-delà de notre univers!


Car tu es une vivante statue
de la beauté
et une colonne animée
de l’harmonie,
si bien que le canon de Polyclète lui-même
semble inférieur
à la grâce des proportions
de ton corps!


Or, ton torse, comme une jeune pousse
toujours en fleur,
se dresse sur une taille plus mince
que l’anneau des Nibelungen
et qui, à son tour, est dominée
par une croupe très large
et qui s’étale royalement
sur les tapis de Perse,
ainsi qu’une plantureuse chatte angora,
célébrée par les flûtes d’Asie
et les clarinettes de Grèce!


J’aspire à la nuit de Walpurgis
où la pupille de tes yeux
brillera comme l’océan Indien,
quand il est calme
et d’un merveilleux
bleu de cobalt!


YEUX DE PAGODE

RECUEIL INEDIT. DU 1ER AU 10 JUILLET 2007