À une Dame de Haute Vertu


Ô dame de grande vertu,
votre hanche ondule
à la manière des étendards du Roy
ou des voiles des navires
par jour de tempête,
ou des nues du ciel,
quand souffle le vent du Nord,
plus rapide que les chevaux de race !


Ne vous méprenez point donc,
sur mon désir de contempler à loisir
vos trois mille charmes :
En fait, je ne désire
que bénir le Seigneur
en vous regardant,
oui, je ne désire que chanter le Seigneur
qui a façonné ce corps vôtre,
beau à en mourir,
à crier de désir
ou à fendre le coeur des amoureux
dont Il est le Phare
qui les guide sur le chemin
semé d’embûches !


Que le vent du nord m’emporte
vers votre contrée,
sise en terre de Marib,
auprès de cette mer de paradis
qu’est l’océan Indien
émaillé de tant d’îles
où il fait bon inventer la félicité,
toujours associée au plaisir,
loin, très loin
de l’horrible continence
pratiquée sous nos climats septentrionaux !


Ah ! Fuir là-bas,
là-bas où l’homme et la femme
se pâment de vivre et d’aimer
en un perpétuel mois de Mai !


LE VASE D'AMOUR

RECUEIL INEDIT. DU 19 AU 27 MAI 2009