Ode aux Déesses de l'Amour


Ah! Comme j'aime et respecte
les déesses de Sumer,
telles Lilith,
dont le corps est svelte
comme un roseau
sur le bord de l'Euphrate,
ou Inanna,
dont les courbes sont aussi parfaites
que les courbes des corps célestes,
comme la terre, la lune, le soleil
ou l'étoile du matin,
et dont la croupe est au moins aussi belle
que la croupe peinte par Velasquez en 1651,
dans son célèbre tableau
intitulé "La Toilette de Vénus"!


Et comme les prêtresses
qui servent ces déesses
sont cultivées
et comme elles se montrent généreuses,
n'hésitant pas à personnifier
leur déesse tutélaire
qui, de la sorte, par leur intermédiaire,
accorde ses faveurs à ses adorateurs,
afin de bénir la terre et la cité!


Et le roi lui-même
copule, une fois par an,
avec la grande prêtresse
d'Inanna,
au septième étage d'un temple
appelé ziggurat,
afin de confirmer
son droit à la couronne!


Et, ce qui est le plus extraordinaire,
c'est que les déesses païennes,
bien que fortement sexuées,
président à toutes les formes d'amour,
aussi bien l'amour amicale ou spirituelle
que l'amour charnelle ou maternelle!


Ah! Comme Platon,
lui, si sage,
se trompait en distinguant
l'Aphrodite Urania ou Céleste,
qui présiderait, selon lui,
à l'amour religieuse,
de l'Aphrodite Pandémos ou Commune,
celle de l'amour charnelle,
connue à Corinthe sous le nom de Porné!


En fait, on ne saurait opposer au sexe
l'amitié ou l'amour maternelle,
car l'amour est indivisible:
on aime ou on n'aime pas!
Fuir l'appel irrésistible du sexe,
en prétextant une amour supérieure,
est indigne d'un homme de valeur!


Et, dire que le langage de l'amour
est religieux,
est une lapalissade,
puisque il est notoire
que toutes les religions
même les plus puritaines,
empruntèrent leur langue
et leurs images
à la poésie érotique!


Il en est ainsi parce que l'univers
dans sa totalité
a été généré par le principe sexuel,
personnifié par la Devî-Shakti,
ou Déesse Suprême des Hindous,
la Déesse qui accoucha du monde,
comme si celui-ci était son enfant,
sorti de son propre ventre!


Et, si le poète vénère tant
les déesses de l'amour,
c'est que, par elles,
l'homme se distingue
des animaux,
ces divinités étant la perfection
à laquelle il doit tendre!


Assis dans la maison des vagues,
je lève mon verre
en l'honneur des déesses
qui firent de moi
un être qui désire
et qui donc pense!


TEMPETE DE DESIR

RECUEIL INEDIT.DU 1ER AU 07 DECEMBRE 2010