Le Rêve Utérin


Mon coeur n'est point aigri par les infortunes
et comme les fumeurs d'opium,
allongés sur des coussins de Cambodge
en paille de riz fraîche,
oui, comme les fumeurs que l'opium transporte
au paradis taoïste,
je m'enivre de la grâce divine
de ma congaï, fillette annamite
qui est ma maîtresse à la fois
et mon esclave!


Oui, c'est elle mon opium,
mais sans l'effet nocif d'une drogue!
Et de rêver à sa vulve,
sorte de microcosme, reflet du macrocosme,
oui, et moi de rêver à sa vulve
vaste comme la Voie Lactée
aux deux milliards d'étoiles
et dont le lait se répand à flots
de par le monde!


Oui, comme une avenue bordée de fleurs rouges
dans le vieux Saïgon colonial,
sa vulve semble triomphale
au coucher majestueux du soleil,
et de rose devient pourpre,
lorsque j'y entre!


Comme un sampanier
qui fait fendre par sa barque
l'onde calme du Donai,
je navigue dans son vagin,
en remontant le courant
menant au col de son utérus
où dort toute l'Indochine
de son sommeil doré de rêves musicaux
qui poudroient au-dessus de la mer de l'Est!


Or, c'est par un rêve intra-utérin
que j'approche le Tao,
ce Milieu indispensable
à la vie des sages et des poètes!


A L'OMBRE DES FRANGIPANIERS

RECUEIL INEDIT. DU 13 AU 21 JUIN 2011