La Servante des Dieux


Par une nuit où la Voie Lactée fulgurait
de ses milliards d'étoiles,
j'ai rêvé que, près de mon lit,
se tenait une servante des Dieux,
une devadâsî, comme disent les Hindous,
chargée de divertir les divinités
par sa danse, son chant
ou en jouant d'un instrument!


Elle était nue, à part une gaine de pourpre
qui moulait merveilleusement son ventre,
son vagin et sa croupe,
qui se réfléchissaient dans l'eau d'un étang
tapissé de lapis-lazuli
et où évoluaient des carpes rouge et or!


Sa taille faisait penser moins à un torse féminin
qu'à un manguier du Paradis
dont ses seins seraient les fruits étincelants!
Un saphir était incrusté dans son ombilic!
Autour de ses seins, elle portait des rubis
mêlés à des topazes jaunes
et à son cou un collier à cinq rangs d'or!
Sa chevelure abondante et châtaine
flottait sur ses épaules,
suggérant au contemplateur
une colline au clair de lune!
Son dos ondulait sous le souffle
d'un doux zéphyr!


Quelle fut ma surprise,
lorsque j'ai vu cette si belle devadâsî,
ou plutôt, lorsque je l'entendis chanter
de sa voix de fauvette
un hymne en hommage à l'Aurore à venir
que j'avais composé la veille!
Et je l'écoutais émerveillé
prononcer chaque mot avec netteté
et l'harmonie qui en découlait
était telle que j'ai failli me réveiller!


Puis, elle se mise à jouer des mélodies
d'une beauté ineffable,
sur un luth dont les cordes n'étaient autres
que ses cheveux fins et sonores!
Après, elle dansa
et sa danse ressemblait
à l'ondoiement d'un cygne blanc!
Et j'étais en train de me baigner dans un lac,
en compagnie de cygnes, quand je me suis réveillé!


L'AURORE A VENIR

RECUEIL INEDIT. DU 21 SEPTEMBRE AU 1ER OCTOBRE 2013